Samedi 12 janvier 2008
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Dit la sorcière de la rue des Enquiquineurs
Aux fourneaux du resto "Le canard piteux"
Dans un faubourg qui fait peur
Les clients répondirent :
"Attendez d'abord qu'on finisse notre assiette
Il reste du lapin et puis on a commandé un soufflet, et des tartelettes
Versez-nous plutôt un autre verre de kir !"
La sorcière les trouve ben prétentieux et ben cons
La main sur la hanche avec son torchon à carreaux rouge
Elle se demande si elle va pas les trucider tout' suite vu qu'ya personne d'autre dans l' bouge
Et qu'ils sont complètement ronds
"Vlà qui s'mettent à chanter" grommelle-t-elle dans sa barbe
Car les clients se lèvent et se prennent par les épaules
Ils forment une ronde vacillante autour de la table
Et chantent des histoires de fantômes et des histoires pas drôles
Du tout, sur la fin d'un rêve fumeux qui ressemble à la vie
Avec des promesses non tenues et des lâchetés si basses
Qu'elles n'ont pas encore les vibrations d'un crime, ni d'une contrebasse
Ni dans une main tremblante d'un verre d'eau-de-vie
Vlan, crac, fracas de vaisselle, les clients ensanglantés s'empoignèrent
Comme des sangliers écumants de rage
La sorcière n'eut plus qu'à ramasser les visages
Séparés des bustes, et à prendre sa salière :
"Avec du gros sel ils vont dégorger
Comme des escargots de Bourgogne
Je vais pouvoir les manger
Avec du beurre persillé, sans vergogne."
Par Etrangère
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Publié dans : Plus de peur que de mal
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